
Les couleurs de la nuit blanche
J’ai décidé au dernier moment d’aller jeter un coup d’oeil à la « Nuit Blanche ». C’était prendre le risque de rater, soit l’essentiel, soit le meilleur, mais c’était également donner une chance au hasard de me faire découvrir l’ambiance générale ainsi que de me pousser vers quelques-unes des installations publiques d’art moderne proposées cette année. Les files d’attente devant les musées n’étaient pas en adéquation avec ma voracité à observer. C’est l’appel de la rue que j’ai entendu. L’option raisonnable était donc une promenade aléatoire dans le centre de Paris . Déambuler entre des bâtiments qui ont vu tant de choses depuis des centaines d’années est toujours un plaisir….. Il se trouve que des milliers de personnes ont probablement eu la même « paresse intellectuelle » que la mienne. Nous l’appellerons cette fois-ci « confiance ». De toutes manières, voir et croiser autant de monde en pleine nuit était déjà un fait exceptionnel et appréciable, presque inédit depuis l’ère récente des confinements et des autorisations signées pour soi-même …
Island of foam
Il s’agit du nom de l’installation de l’artiste allemande Stephanie Lüning. Le principe était de faire sortir de la mousse multicolore des bouches d’aération, devant la place Georges Pompidou à Beaubourg … Je me suis souvenu, à cette occasion, du film étrange « The Blob » qui raconte l’histoire d’une forme de vie extraterrestre qui absorbe tout sur son passage … C’est sans doute la raison pour laquelle je ne me suis pas jeté dans cette mousse inconnue qui, sans être hostile, était suffisamment étrange pour que je reste à distance. J’ignore tout de la témérité. Ceci donnant, à priori, un peu de plus-value à mon courage quand je décide de l’activer avec parcimonie. C’est en chargeant les photos sur mon ordinateur que je me suis aperçu que ce blob mousseux était proche d’avoir un aspect arc-en-ciel, sans doute une référence au magicien d’Oz. En définitive, chacun pouvait y voir ce qu’il voulait et se raconter sa propre histoire. J’ai donc choisi de rester sur mes gardes, comme Steve Mc Queen dans « The Blob » et je suis parti en fredonnant la chanson de Judy Garland , car quelque part au delà de l’arc-en-ciel, tout en haut, il y avait une terre dont j’avais entendu parler une fois dans une berceuse, lalala, lala… 😉
Spectre
L’installation proposée place de l’hôtel de ville est une création du collectif Cube.bz et de Mariona Benedito. Un gros cube de plusieurs mètres d’arrête émettait de la lumière de plus en plus rapidement et de façon stroboscopique, accompagnée d’un bruit de plus en plus aigu, rythmé par la fréquence des flashes. J’ai lu quelque part que c’était une installation monumentale, visuelle et sonore, qui portait sur la relation entre la lumière et l’espace …C’est exactement la réplique qui me manquait quand , étant enfant, je me faisais gronder par mes parents alors que je jouais à allumer et éteindre la lumière de plus en plus vite …. Bref, veni, vidi, fugi !
Isidore Ducasse
Isidore Ducasse est un groupe français originaire de Limoges. Un groupe atypique, qui nous plonge à la perfection dans l’univers sombre de l’écrivain Isidore Ducasse, auteur des sublimes « Chants de Maldoror »et plus connu sous son pseudonyme du « Comte de Lautréamont » .Il s’agit d’une formation minimaliste d’un immense talent . Synthé, basse, chant. Je les avais vus pour la première fois dans une boîte de nuit d’Angoulême. Six jeunes groupes étaient finalistes d’un concours de découvertes du rock, dont le jury était présidé par Bernard Lavilliers et par Jeannot, le batteur du groupe Trust. Ils avaient gagné. Noir Désir, également finaliste, avait décroché la sixième place ….Plus tard, j’ai revu Isidore Ducasse au Bus Palladium pour le tremplin du Golf Drouot dans lequel ils ont également brillé! …. Puis ils ont malheureusement disparu. Je vous propose donc cette rareté miraculeusement trouvée sur Youtube et qui correspond à une certaine ambiance nocturne d’une nuit noire qui se prétend blanche …



















































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