Le dessus des cartes

"L'essentiel est invisible pour les yeux"... mais le reste mérite d'être vu ou écouté"

« J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur. Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort. J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’Océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait : – S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! »  

 Antoine de Saint Exupery (Le petit prince)                         

Et puis un jour, on fait son sac...

Cela ne s’est pas précisément passé comme cela pour moi. Je ne suis pas un pionnier de l’aviation. Je n’en suis qu’un ouvrier. En revanche c’est une grave avarie dans mes certitudes qui m’a donné l’envie d’écouter, à ma grande surprise, une voix d’outre espace, un matin. Je suis alors parti faire plusieurs fois le tour du monde, pour travailler , apprendre et découvrir. Il s’agissait de réparer l’une de ces pannes de l’existence où il faut savoir tout démonter pour tout reconstruire. Reconstruire une cohérence à sa propre existence . Je n’ignore pas que beaucoup n’ont pas eu la chance d’entendre cette voix qui m’a réveillé et qui m’a dit : -« S’il vous plait … dessine moi des voyages, va voir et écouter le monde! » …J’ai du affronter le chaud, le froid, la fatigue, et le pire…. l’administration des humains, l’inconnu sous diverses formes, et quelques fois diverses formes de la peur. Je comprenais alors que le vrai naufrage c’est de ne jamais prendre de risque. Le radeau avec lequel je traversais jusqu’alors des océans de béton, de lumière, et de prétendues réussites sociales, me destinait en réalité aux requins aveugles, sourds et muets du fisc, du conseil, du positionnement, de l’endroit où il faut être vu. Ce radeau, c’était la routine parisienne acceptée et subie. Il dérivait au gré des modes et des amitiés passagères … C’est quand j’ai entendu cette voix d’outre moi-même que la chance m’a propulsé dans les airs pour plusieurs années …J’ai saisi ma chance! Je me suis mis à survoler le « dessus des cartes » , non plus avec mes yeux mais avec des ailes … et parfois, je m’y suis posé!

Le souvenir, c'est la présence invisible ( Victor Hugo)

Un site internet évolue et se perfectionne . C’est avec un immense plaisir que j’apprendrai que vous venez parfois y passer quelques instants de rêve. De savoir que vous m’accompagnez dans mes voyages sera désormais une autre façon de découvrir le Monde. Une meilleure façon …  Bienvenue à bord , Bon vol et excellentes escales !

Terre des Hommes

« Vieux bureaucrate, mon camarade ici présent, nul jamais ne t’a fait évader et tu n’en es point responsable. Tu as construit ta paix à force d’aveugler de ciment, comme le font les termites, toutes les échappées vers la lumière. Tu t’es roulé en boule dans ta sécurité bourgeoise, tes routines, les rites étouffants de ta vie provinciale, tu as élevé cet humble rempart contre les vents et les marées et les étoiles. Tu ne veux point t’inquiéter des grands problèmes, tu as eu bien assez de mal à oublier ta condition d’homme. Tu n’es point l’habitant d’une planète errante, tu ne te poses point de questions sans réponse : tu es un petit bourgeois de Toulouse. Nul ne t’a saisi par les épaules quand il était temps encore. Maintenant, la glaise dont tu es formé a séché, et s’est durcie, et nul en toi ne saurait désormais réveiller le musicien endormi ou le poète, ou l’astronome qui peut-être t’habitait d’abord »      

Antoine de Saint Exupery ( Terre des Hommes)

On embarque pour le dessus des cartes

Une vision superficielle du monde reste une  expérience vécue d’une richesse colossale face aux idées que l’on se fait, guidées par ce que l’on a cru voir dans les livres, face à ce que l’on a cru entendre alors que nous étions distraits , face à ce que nos certitudes nous imposaient avant l’atterrissage …  

La Terre vue de la Station spatiale ISS