
Le survol du Sahara
Pour une première ballade, voici quelques vues du Grand sud Algérien , du Niger et de la Libye. Chaque régions du Sahara à sa personnalité taillée à la serpe. Le désert Malien est différent du désert Mauritanien, lui même tellement différent des hauts plateaux Algériens ou des étendues de fechfech et des canyons du Niger . A force de survoler le Sahara on arrive à comprendre comment il est architecturé, où se situent les massifs montagneux. On finit par se douter vaguement de la présence prochaine d’un village , parfois d’une ville. On sait où sont les ergs et où sont les régions totalement désertiques… et on rêve d’oueds, d’oasis, et de caravanes de marchands … Le désert est une simple vue de l’esprit . Il est habité. Il abrite une faune et une flore. On n’y est jamais totalement seul. C’est l’idée de la solitude qu’il faut tout d’abord y apprivoiser. Elle envahit les uns, conquiert les autres et comble les élus du silence et de la tranquillité …
En survolant l’Afrique de Niamey à Benghazi, on est fasciné par la grande diversité de paysages et par une certaine unité apparente du climat. On traverse d’abord le Sahel, une zone semi-aride où se mêlent savanes, steppes et déserts. On devine, à faible altitude, les troupeaux de zébus, des villages de cases rondes et des cultures de mil. On survole ensuite le Sahara, le plus grand désert du monde, qui s’étend sur plus de 9 millions de km2. On y admire les ergs, gigantesques dunes de sable, les oasis verdoyantes paraissant minuscules à 10 000 mètres d’altitude, et les massifs montagneux, arides, noirs et ocre, presque inquiétants. On peut aussi observer les traces des anciens lacs et rivières qui ont disparu, soit à cause du changement climatique, soit parce que la saison ne le permet pas. On se rapproche progressivement de la Méditerranée.
Un Sahara qui fut vert...
Le Sahara est aujourd’hui le plus grand désert chaud du monde, mais il n’a pas toujours été aussi aride et inhospitalier. Il y a plusieurs milliers d’années, le Sahara était vert et couvert de végétation, de lacs et de rivières. Des animaux sauvages tels que des girafes, des rhinocéros, des lions et des antilopes y vivaient, ainsi que des populations humaines qui ont laissé des traces de leur art rupestre. Quels sont les facteurs qui ont provoqué ce changement radical du climat et du paysage du Sahara ?
Selon les recherches, le Sahara a connu des cycles successifs d’humidité et de sécheresse depuis des millions d’années, liés aux variations de l’orbite terrestre, de l’inclinaison de l’axe de rotation et de la précession des équinoxes (changement progressif de l’axe de rotation de la Terre ). Ces facteurs influencent la répartition de l’énergie solaire à la surface du globe et les mouvements des masses d’air. Lorsque la Terre est plus proche du Soleil pendant l’été boréal, les précipitations augmentent en Afrique du Nord, car les moussons venues de l’océan Atlantique remontent plus au nord. C’est ce qui s’est produit entre 10 000 et 4000 av. J.-C., période appelée l’Holocène humide ou l’optimum climatique africain. Le Sahara était alors un environnement verdoyant, propice à la vie animale et végétale.
Mais vers 4000 av. J.-C., la situation s’est inversée. La Terre s’est éloignée du Soleil pendant l’été boréal, ce qui a entraîné une diminution des précipitations en Afrique du Nord. Les moussons se sont retirées vers le sud, laissant place à des vents secs venus du nord-est. Le Sahara est progressivement redevenu un désert, contraignant les animaux et les humains à migrer ou à s’adapter à des conditions plus difficiles. Ce processus de désertification s’est poursuivi jusqu’à nos jours, avec quelques fluctuations mineures.
Le Sahara vert est donc un phénomène naturel qui a marqué l’histoire géologique et humaine de l’Afrique du Nord. Il témoigne de la complexité et de la variabilité du climat terrestre, ainsi que de son impact sur les écosystèmes et les sociétés.
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